L’imminence des orages – Textes

La meute

(G. Queloz / T. Queloz)

J’me souviens des nuits d’autrefois
Avant que nos belles nous prennent dans leur bras
De nos nuits de feu, de nos tristes aveux
Le regard stupide devant nos verres vides

Le prix de l’amitié, à qui la prochaine tournée ?
Le prix de l’amitié, je ne saurais l’oublier

J’me souviens de départs flamboyants
Aux tombées d’un soir, sobres et élégants
De folles complaintes chantées à tue-tête
Résonnant dans les rues qui s’embrasent en fête

Le prix de l’amitié, à qui la prochaine tournée ?
Le prix de l’amitié, je ne saurais l’oublier

Là-bas le nombre, salut la foule
Salut la foule, ici la meute
Là-bas le nombre, salut la foule
Salut la foule, ici la meute

J’me souviens de chasses à l’hirondelle
Menées bille en tête par une meute en fête
On les a trouvées, elles ont su nous calmer
À nous faire rester le cul sur l’canapé

Quand revient l’étincelle
Moins fréquente, mais tout aussi belle
Quand revient l’étincelle
La meute s’agrandit de nos belles

Là-bas le nombre, salut la foule
Salut la foule, ici la meute
Là-bas le nombre, salut la foule
Salut la foule, ici la meute

J’me souviens qu’on était plus résistant
Bien moins de mal au crâne pour les mâles qui crânent
Faut faire avec le temps, on est devenu grand
Un peu moins titubant, toujours adolescent

Quand revient l’étincelle
Qu’un vieux pote revient aux nouvelles
Quand revient l’étincelle
La fièvre devient ascensionnelle

Là-bas le nombre, salut la foule
Salut la foule, ici la meute
Là-bas le nombre, salut la foule
Salut la foule, ici la meute

Devenir grand

(G. Queloz / T. Queloz)

Arracher les plumes d’un ange
Pour voir si quand il vole il penche
Couper ton cœur en p’tites tranches
Pour voir si quand il bat ça flanche

Retrouver le goût étrange
De nos angoisses et nos revanches
Tomber d’un coup de la branche
Devant ton corps qui se déhanche

Si on peut le faire à deux
Bousculer nos habitudes
Rendre un peu moins rudes les larmes et le temps
A nous deux, on peut devenir grand

J’te ferai l’amour contre un mur
Pour effacer tous nos coups durs
J’y peux rien c’est dans ma nature
Et même si tu me traites d’ordure

Si on peut le faire à deux
Bousculer nos habitudes
Rendre un peu moins rudes les larmes et le temps
A nous deux, on peut
Devenir grand

T’as installé un berceau
En dessous d’un horrible rideau
Tu feras pas de moi un agneau, non
Même si j’passe moins d’temps au bistrot

Si on peut le faire à deux
Bousculer nos habitudes
Rendre un peu moins rudes les larmes et le temps
A nous deux, on peut devenir grand…

Dormir

(G. Queloz / S. Bertholet)

Un plafond de ronces et d’épines
Oui, qui me rejoue le film
D’étranges lumières qui patinent
Me font rejoindre l’abîme
Retrouver un peu de douceur
Au long de peaux je suis voleur

Retrouver mon sang froid, sans quoi…
Pour ne plus avoir froid, sans toi…
Dormir, dormir, mourir un peu,
Dormir, dormir, fermer ses yeux

Comme une flamme si fatiguée
Usée d’avoir tant brûlé
Secs deviennent les verres et les yeux
Les cartes semblent être données
Je voudrais jouer un franc-jeu
Au long de peaux je suis blasé

Retrouver mon sang froid, sans quoi…
Pour ne plus avoir froid, sans toi…
Dormir, dormir, mourir un peu.
Dormir, dormir, fermer ses yeux

Retrouver mon sang froid, sans quoi…
Pour ne plus avoir froid, sans toi…
Dormir, dormir, mourir un peu,
Dormir, dormir, fermer ses yeux

L’imminence des orages

(G. Queloz / T. Queloz)

Il me semblait avoir le temps
Quand on m’a refilé ce costume
J’ignorais que tout son poids
Deviendrait celui d’une enclume
Il me semblait avoir 20 ans
Et être propre de rancune
Que tout brûlait 2 ou 3 fois
Qu’il en resterait toujours une

Il me semblait qu’on s’était dit
Que l’on ne s’oublierait jamais
Que des étreintes de nos lits
N’enfanteraient pas de regrets
Il me semblait avoir 100 vies
Et tout ce qu’il reste devant
Il me semblait avoir envie
De tout lâcher aux quatre vents

Je sentais pourtant l’odeur
De l’imminence des orages
Que la pluie laisse sur le sol chaud
Pour avertir nos encrages

Il me semblait avoir compris
Que d’autres chances sont données
À ceux qui de tout leur esprit
A leurs prières se sont voués
Il me semblait que mon costume
Laisserait les larmes glisser
Que même si j’y perds des plumes
Rien ne m’empêcherait de planer

Je sentais pourtant l’odeur
De l’imminence des orages
Que la pluie laisse sur le sol chaud
Pour avertir nos encrages

Il m’a semblé pendant longtemps
Qu’au fond des poches j’avais la clé
Que la lumière en revenant
Saurait à nouveau m’épater

Tant mieux

(G. Queloz / T. Queloz)

Comme on ment à un enfant
En lui disant qu’il a le temps
On chante à des mourants
Que l’éternité les attend

A terre, les genoux en sang
Demander pardon en tremblant
Qu’emporte avec lui le vent
Nos trahisons et nos tourments

Tant mieux, tant mieux
Si ça peut vous soulager
Faire briller un peu les yeux
D’un homme assis sur un bûcher
De vous à moi, je vous l’avoue
Je n’y crois plus du tout

On jure le corps brûlant
Que personne ne s’oublie vraiment
On crève le cœur hurlant
Les mains souillées d’avoir été vivant

Tant mieux, tant mieux
Si ça peut vous soulager
Faire briller un peu les yeux
D’un homme assis sur un bûcher
De vous à moi, je vous l’avoue
Je n’y crois plus du tout

Relève-toi

(G. Queloz / T. Queloz)

Sous les gestes tendres des premières heures
Tu vas les apprendre ces mots qui font peur
Sous ton âge tendre, des mains qui t’effleurent
Tu vas les apprendre les larmes, les erreurs
Tu vas les apprendre les larmes, les erreurs

Enfin relève-toi, oublie
Enfin relève-toi, oublie

Les lèvres sales qui t’effleurent, qui bafouent ta vie
Ce poignard dans le cœur, c’est celui d’un ami
Qui marche sur les fleurs d’une enfant dans son lit
Long est le quart d’heure qui conduit au répit
Long est le quart d’heure qui conduit au répit

Enfin relève-toi, oublie
Enfin relève-toi, oublie

Le sang qui coule sur mes mains ne te rendra pas le tien
Que te rassure le matin tu ne risques plus rien
Que tu sois encore plus forte, sans peurs et sans regrets
Restera fermée la porte qui garde ton secret
Restera fermée la porte qui garde ton secret

Enfin relève-toi, oublie
Enfin relève-toi, oublie

Enfin relève-toi, oublie
Enfin relève-toi, oublie

Ce qui ne s’oublie pas, il faut que tu l’oublies

La course

(G. Queloz / T. Queloz)

Prendre une main impossible à tenir
On est ivre d’un rien, en revenir
Monter dans ce train que t’as pas vu partir
Ne se promettre rien et s’y tenir

Eternelle est la course
Avec la mort à nos trousses
N’être plus qu’un enfant
Qui se fout bien du temps…

N’accepter plus que le feu du désir
S’y brûler un peu, en revenir
Laisser les coups faire des marques sur le cuir
Aucun aveu de douleur et s’y tenir

Eternelle est la course
Avec la mort à nos trousses
N’être plus qu’un enfant
Qui se fout bien du temps…

Ignorer même que l’on peut en mourir
D’en demander trop à l’avenir
S’il faut croiser la fin, la saluer d’un rire
Passer son chemin, la faire rougir

Eternelle est la course
Avec la mort à nos trousses
N’être plus qu’un enfant
Qui se fout bien du temps…

Le gardien de tes rêves

(G. Queloz / T. Queloz)

Je serai silencieux
Sur le coin de ton lit
J’attraperai au vol
Les sourires de tes nuits

Ma main dans tes cheveux
Saura conjurer l’oubli
Je te ramène au vol
La douceur de nos nuits

Laisse-moi devenir le gardien de tes rêves
Je ne suis qu’un soupir et le jour se lève…

Si je te lâche la main
N’y vois pas d’abandon
Je te demande pardon
Je suis la flamme qui s’éteint

Maintenant il est l’heure
Tu sais, je dois partir
Souviens-toi des couleurs
De notre ciel pour t’endormir

Laisse-moi devenir le gardien de tes rêves
Je ne suis qu’un soupir et le jour se lève…

Laisse-moi devenir le gardien de tes rêves
Je ne suis qu’un soupir et le jour se lève…

La corrida

(Francis Cabrel)

Depuis le temps que je patiente dans cette chambre noire
J’entends qu’on s’amuse et qu’on chante au bout du couloir
Quelqu’un a touché le verrou et j’ai plongé vers le grand jour
J’ai vu les fanfares, les barrières et les gens autour

Dans les premiers moments j’ai cru qu’il fallait seulement se défendre
Mais cette place est sans issue, je commence à comprendre
Ils ont refermé derrière moi, ils ont eu peur que je recule
Je vais bien finir par l’avoir cette danseuse ridicule…

Est-ce que ce monde est sérieux ?
Est-ce que ce monde est sérieux ?

Andalousie je me souviens les prairies bordées de cactus
Je ne vais pas trembler devant ce pantin, ce minus
Je vais l’attraper, lui et son chapeau les faire tourner comme un soleil
Ce soir la femme du torero dormira sur ses deux oreilles

Est-ce que ce monde est sérieux ?
Est-ce que ce monde est sérieux ?

J’en ai poursuivi des fantômes, presque touché leurs ballerines
Ils ont frappé fort dans mon cou pour que je m’incline
Ils sortent d’où ces acrobates avec leurs costumes de papier ?
J’ai jamais appris à me battre contre des poupées

Sentir le sable sous ma tête c’est fou comme ça peut faire du bien
J’ai prié pour que tout s’arrête, Andalousie je me souviens
Je les entends rire comme je râle, je les vois danser comme je succombe
Je pensais pas qu’on puisse autant s’amuser autour d’une tombe

Sérieux ? Est-ce que ce monde est sérieux ?
Est-ce que ce monde est sérieux ? Non mais sérieux ?
Sérieux ? Est-ce que ce monde est sérieux ?
Est-ce que ce monde est sérieux ? Non mais sérieux ?

Est-ce que ce monde est sérieux ?
Est-ce que ce monde est sérieux ?

Est-ce que ce monde est sérieux ?

S’effacera ton nom

(G. Queloz / T. Queloz)

Il n’est plus rien de nos déluges
On nous prédit mais on nous gruge
Que l’on mette enfin cartes sur table
Que justice soit faite au coupable

Durer ici est admirable
Nos espoirs en deviennent friables
Il n’est plus rien de nos excuses
A genoux, là on se refuse

S’effacera ton nom
Sous la pluie sans raison
S’effacera ton nom
Au mur de ma prison

On se construit seul un refuge
À coup de pilules on abuse
Et les hommes chasseront l’orage
Des épaules solides qui soulagent

On se surprend en plein naufrage
À regretter tout le voyage

S’effacera ton nom
Sous la pluie sans raison
S’effacera ton nom
Au mur de ma prison…

S’est effacé ton nom
Qui ne donne plus de frissons
S’est effacé ton nom
Au goût de trahison

Ce qui nous porte

(G. Queloz / T. Queloz)

On cherche tous une étoile dans nos nuits
On cherche tous des routes à nos envies
Et qu’importe si pour les trouver, il nous faut parfois tomber
Et qu’importe si pour y arriver, il faut nous y brûler

Ce qui nous porte
Ceux qui nous tendent les bras
Ce qui nous porte
Ceux qui nous tendent les bras
Ce qui nous porte
Qui me rapproche de toi

On cherche tous les courants ascendants
On cherche tous à être un peu plus grand
Et qu’importe si pour les trouver, Il nous faut parfois tomber
Et qu’importe si pour y arriver, Il faut nous y brûler

Ce qui nous porte
Ceux qui nous tendent les bras
Ce qui nous porte
Ceux qui nous tendent les bras
Ce qui nous porte
Qui me rapproche de toi

On cherche tous le feu qui brûle en nous
On cherche tous l’amour un point c’est tout
Et qu’importe si pour les trouver, il nous faut parfois tomber
Et qu’importe si pour y arriver, il faut nous y brûler

Ce qui nous porte
Ce qui nous porte…
Qui me rapproche de toi

En rentrant dans le bois

(G. Queloz / T. Queloz)

En rentrant dans le bois, juste après la lisière
Se referme sur moi un manteau de mystère
Bruit de feuilles dans le vent, comme une tendre prière
Qui détourne en passant le baiser dur de l’hiver

En rentrant dans le bois, j’ai frôlé la lumière
Qui a posé sur moi ses suspensions de poussières
Défloraison d’un sol qui susurre au passage
De mon pied qui le viole, qui trace son sillage

En rentrant dans le bois de nos lointaines enfances
Où l’on se croyait roi, condamné d’ignorances
Où la roche et la terre de nos royaumes d’enfant
Étaient argentifères, nous auraient laissé le temps

En rentrant dans le bois, je sens que la solitude
Qui se referme sur moi, rappelle la plénitude
De nos courses d’avant, embaumées de quiétude
Avant l’adolescent sous la forme d’un prélude

En rentrant dans le bois, oublier que nos vies
Qu’on aura laissées là sous nos rêves engloutis
N’auront été que fantasme de n’avoir encore plus
De ces précieux orgasmes qu’on nous cote à l’argus

En rentrant dans ce bois, retrouver la lumière
Dure et douce à la fois, de nos rêves d’hier
En rentrant dans ce bois, retrouver la lumière
L’héritage en émoi dont nous fait don la terre

En rentrant dans ce bois, se reposer un peu
Sur un grand rocher froid et puis lever les yeux
En rentrant dans ce bois, se reposer un peu
Laisser le gel et le froid venir fermer mes yeux

En rentrant dans ce bois, comme un dernier soupir
Se coucher juste là et se laisser mourir
Et se laisser mourir…
Et se laisser mourir !